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éloge de la mollesse
Articles récents

Un géant

23 Octobre 2021 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #En bref

photo prise par le poète en personne.

photo prise par le poète en personne.

 

Un saule à terre, 
un géant qui gît dans la lumière,
vaincu par la foudre et le vent.

 

Haïkuku par C. Eloy

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Chercheurs d'éternité

23 Octobre 2021 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #au regard de l'éternité

photo Christophe Eloy

photo Christophe Eloy

 

Depuis longtemps déjà 
me voici préoccupé 
par la question de l'éternité.
On peut m'en blâmer,
on peut se gausser,
mais désormais elle ne me quitte plus.

 

Tu dois mourir à la mort,
pour accéder aux douces pentes 
infinies, horizons penchés.
Ni commencement ni fin
que tu ne connaisses déjà.

 

Aux âges de ténèbre, quand l'humanité
doit encore donner vie à l'être humain,
aux âges d'abondance quand l'être humain
n'est jamais rassassié.
Quand l'ignorance, qui est des tous les âges,
triomphe à chaque instant.
Nulle durée qui ne te soit étrangère.

 

Alors plus rien ne s'oppose à la vie,
sous tes pieds la sentir, l'éternité retrouvée,
être son intime, toute fenêtre ouverte.

 

Paul Maurice

 

 

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Ran (le chaos)

13 Octobre 2021 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #Cinéma

 

- Ne blasphème pas les dieux et Bouddha,
Ce sont eux qui pleurent, détrompe-toi.
Ceux qui invariablement se vouent au mal,
perpétuant meurtre sur meurtre,

pensant ainsi assurer leur survie,
ne sont que le reflet de la bêtise humaine.
Même les dieux, même Bouddha,
ne nous préservent pas.

Ne pleure pas,
car le monde est ainsi fait.
Ce n'est pas la joie mais la peine
que cherche l'homme.

Regarde dans ce premier château, là-bas.
Des êtres stupides essaient de se dérober 
devant cette souffrance,
et ils s'entretuent, et ils s'en 
réjouissent.

 

 

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Je suis gong

28 Septembre 2021 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #De la poésie

 

Je suis gong - Poéme
 Henri Michaux

 

Dans le chant de ma colère il y a un œuf,
Et dans cet œuf il y a ma mère, mon père et mes enfants, 
Et dans ce tout il y a joie et tristesse mêlées, et vie.

 
Grosses tempêtes qui m'avez secouru, 
Beau soleil qui m'as contrecarré, 
Il y a haine en moi, forte et de date ancienne, 
Et pour la beauté on verra plus tard. 
Je ne suis, en effet, devenu dur que par lamelles; 
Si l'on savait comme je suis resté moelleux au fond. 


Je suis gong et ouate et chant neigeux, 
Je le dis et j'en suis sûr.

 

 

Colère dans la nuit remue.

 

La colère chez moi ne vient pas d'emblée.
Si rapide qu'elle soit à naître, elle est précédée d'un grand bonheur, toujours, et qui arrive en frissonnant.

Il est soufflé d'un coup et la colère se met en boule.

Tout en moi prend son poste de combat, et mes muscles qui veulent intervenir me font mal.

Mais il n'y a aucun ennemi.
Cela me soulagerait d'en avoir.
Mais les ennemis que j'ai ne sont pas des corps à battre, car ils manquent totalement de corps.

Cependant, après un certain temps, ma colère cède... par fatigue peut-être, car la colère est un équilibre qu'il est pénible de garder...
Il y a aussi la satisfaction indéniable d'avoir travaillé et l'illusion encore que les ennemis s'enfuirent renonçant à la lutte.

 

 

 

 

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Originer le monde

27 Septembre 2021 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #au regard de l'éternité

Installation Régine Gaud, Orangerie, Parc de la Tête d'or, Lyon, septembre 2021Installation Régine Gaud, Orangerie, Parc de la Tête d'or, Lyon, septembre 2021
Installation Régine Gaud, Orangerie, Parc de la Tête d'or, Lyon, septembre 2021Installation Régine Gaud, Orangerie, Parc de la Tête d'or, Lyon, septembre 2021Installation Régine Gaud, Orangerie, Parc de la Tête d'or, Lyon, septembre 2021
Installation Régine Gaud, Orangerie, Parc de la Tête d'or, Lyon, septembre 2021Installation Régine Gaud, Orangerie, Parc de la Tête d'or, Lyon, septembre 2021Installation Régine Gaud, Orangerie, Parc de la Tête d'or, Lyon, septembre 2021
Installation Régine Gaud, Orangerie, Parc de la Tête d'or, Lyon, septembre 2021Installation Régine Gaud, Orangerie, Parc de la Tête d'or, Lyon, septembre 2021

Installation Régine Gaud, Orangerie, Parc de la Tête d'or, Lyon, septembre 2021

 

Originer le monde 

Et aller jusqu'au bout de sa cancrelatude

Il faudra se métamorphoser à chaque instant 

Pour affronter chaque instant

Tête et tronc morcelés dissociés divisés déliés dispersés disloqués éclatés

Toute syntaxe mise à part

Pierres de la nuit pavé dans la mare

Sabot et patte

Amputée

Toute ma souffrance est inscrite dans la chair du bois

Elle ne la quittera plus

Penser à vide 

Mais non comme des pépites d'or s'accrochent à ma nacelle 

Pensées invisibles

Kafka in the box

Enfermement

Dedans 

Être dedans 

À l'intérieur du dedans

Dans le cube au cube

Cube à la puissance trois

Évidence cubique entre quatre murs

Imaginés

Ouverts à tous les vents

Dans le chant

Sous le dais de ma colère

Jours de colère

Boiter déboiter s'emboiter

Tout vient dans tout 

Vraisemblablement

La perspective dans l'oeuf du cyclone

Et les mots entre les lignes

Y faire son chemin 

Dans l'espace et hors de l'espace

Fin léger fragile

Un vol de libellule

 

Christophe Eloy

 

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Les balcons s'effondrent

18 Septembre 2021 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #Julie Eloy

 

Texte et dessin - Julie Eloy

 

LES BALCONS S'EFFONDRENT DANS PARIS.
MAIS MOI JE NE VOYAIS PAS Là-bas. À
MOINS QUE LE VENT SOUFFLE.. JE TRAVERSE
LA VOIE ET, Là je m'assoie sur les trottoirs et le
monde qui existe Là où je peux ;;; tu pars loin
mais moi c'est Là ;;; c'est triste où est cette vie ;;;
Là pour toi de remplir ton emploi du temps ou reviens ;;;
depuis qu'on est assoiffé, besoin de rien ? FAUX ! se regarder
dans le miroir... ET VOIR QU'on est assez beau... mais
il ne faut pas se jeter par terre, si

dans la douche ;;; se servir de bons repas chauds
ou froids. Et accepter le chaud ou froid dans
son lit et la valise rangée. TU PEUX LIRE SI TU
VEUX AVEC DE BONNES LUNETTES ET IL N'Y A
PLUS D'HONORAIRES AUX MÉDECINS... TANT
QUE TU ES Toi-Même. TU ÉTAIS SI
FRAGILE... MAIS ÊTRE HUMAIN TOI COMME
MOI ;;; cher cachet et bientôt voilà le
temps qui nous rassure ;;; je retrouve mon
programme tv ou de loisir ;;;

 

 

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Appel au monde

17 Septembre 2021 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #En bref, #Considérations spinoziennes

 

 

Du fin fond de ma toute petite chambre, j'appelle de mes voeux un nouveau siècle de la Raison.
Le 21ème siècle sera rationnel ou ne sera pas.

 Paul Maurice

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Petits poèmes courts

25 Août 2021 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #Julie Eloy

Petits poèmes courts

 

 

 

 

QUELQUES NOTES

 

Toi, tu es là, tu es si loin….je voudrais te parler…Toi tu es si proche même

tu es si loin que  je voudrais te parler. Pauvre et endomorphine

Je te reconnais bien là !

Allez pas le choix

  Je  pense à vous et je dois bien reconnaitre

mi-ange je me tourne vers toi alors dans toutes les manières

on fait si tu es là ou pas Laze si je pense a toi, c est vrai que j’existe et quoiqu'il en soit à la loi de se respecter…

dormons debout d’ailleurs…on colle des cœurs un peu  partout…Changer les costumes

changeons de costumes

de pouvoir se respecter soi-même

 

 

EFFORTS

 

Je repeins mes murs de coeurs

Je pense à aimer pourtant de tous les temps  je pense parmi tout. J’ai bien un endroit. Je pense bien si amour et je retrouve mon cœur avec mes mots… j’achète qui aime. De tous les temps je ne vous avais pas vu… j’étais dans le mur…

 

 

DROIT DE L HOMME

 

Je ne voudrais plus jamais ça…

Je voudrais être sur la route ; on se retrouve au cœur… Choisir des alliés aussi des ateliers, c'est vrai t’es sûr on attend pas pour rien c’est bien dit bien fait ça dépend du temps et ça où est le cri où est le prix qu’on a payé…

Devrait bien  nous en sortir du danger… Pas facile mais je pense que nous serions d’une meilleure nature aussi .

 

AVIS AU LOIN

 

Je ne sais pas que par cœur ne pas courir directement quand j’ajoute mon nom…Trop de bruit si c’est un autre numéro un mauvais numéro…pas rond ! Et alors sinon silencieux ton bon numéro… Sonner ne trompe…

Aussi loin que je vous attends je peux alors lire entre les mots…

C'est dur ? Jusqu’à tant on devrait bien se revoir… On ne s’en fout plus encore…  Je suis enfin sur le bon chemin…

 

 

 

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Fais pas ta substance

28 Juin 2021 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #Considérations spinoziennes

Deucalion et Pyrrha - Giovanni Bottala (vers 1635).  Dans la mythologie grecque, Deucalion (en grec ancien Δευκαλίων / Deukalíôn), fils du Titan Prométhée et de Pronoia (ou de Clymène selon les traditions), est le seul survivant, avec sa femme Pyrrha, du Déluge décidé par Zeus. Réfugiés sur le mont Parnasse, Deucalion et Pyrrha reçoivent l'ordre de l'oracle de Thémis de jeter derrière eux les os de leur grand-mère afin de repeupler la terre. Comprenant qu'il s'agit de Gaïa (la Terre), dont les pierres sont les os, ils ramassent des pierres et les jettent derrière eux : celles que jette Deucalion se changent en hommes, et celles que jette Pyrrha, en femmes. Cette fable paraît fondée sur le double sens du mot grec laos, qui signifie à la fois pierre et peuple

Deucalion et Pyrrha - Giovanni Bottala (vers 1635). Dans la mythologie grecque, Deucalion (en grec ancien Δευκαλίων / Deukalíôn), fils du Titan Prométhée et de Pronoia (ou de Clymène selon les traditions), est le seul survivant, avec sa femme Pyrrha, du Déluge décidé par Zeus. Réfugiés sur le mont Parnasse, Deucalion et Pyrrha reçoivent l'ordre de l'oracle de Thémis de jeter derrière eux les os de leur grand-mère afin de repeupler la terre. Comprenant qu'il s'agit de Gaïa (la Terre), dont les pierres sont les os, ils ramassent des pierres et les jettent derrière eux : celles que jette Deucalion se changent en hommes, et celles que jette Pyrrha, en femmes. Cette fable paraît fondée sur le double sens du mot grec laos, qui signifie à la fois pierre et peuple

 

 

Scolie II, proposition VIII , 1ère partie (de Deo) de l'Éthique, Spinoza

"Je ne doute pas que tous ceux dont le jugement est confus et qui n'ont pas l'habitude de connaître les choses par leurs causes premières (...) ne distinguent pas entre les modifications de la substance et la substance elle-même et ne savent pas comment les choses se produisent".

La substance n'est pas créée et ce qui est créé (produit, engendré) ne peut être tenu pour substance.
Être produit signifie n'être pas cause de soi, c'est-à-dire tenir son existence d'autre chose que de son essence, c'est donc être extérieurement conditionné, déterminé, limité ; c'est être un mode, tout simplement.
Substantialiser les modes revient à attribuer à ceux-ci la même auto-activité qui est contenue dans le concept de substance.

"Le principe qu'ils reconnaissent dans les choses de la nature, ils l'appliquent à la substance", c'est-à-dire que selon un mouvement plutôt commun, on substantialise les modes, ceux-ci sont pensés comme la substance. Spinoza donne des exemples : "Ceux qui, en effet, ignorent les vraies causes des choses confondent tout, et sans être aucunement choqués, se figurent que les arbres parlent comme les hommes, et imaginent que les hommes peuvent naître des pierres aussi bien que de la semence humaine".

Dans cet ordre d'idées, il y a tout ce qui relève du miracle dans la tradition judéo-chrétienne - Jésus transforme l'eau en vin - et des métamorphoses dans le monde grec - une jeune fille est transformée en laurier ; c'est-à-dire quand on accorde aux modes un libre-arbitre qu'ils n'ont pas et qui consisterait à modifier au gré de la volonté les lois de la nature.

 

Mais penser les mode comme un substance pourrait être le lot de tout un chacun. On peut multiplier les exemples de cette tendance à substantialiser les modes.

Les discours n'échappent pas à cette tendance, quand ceux qui tiennent tel ou tel prétendent à l'hégémonie. C'est celui qu'ils profèrent qui dit seul le réel et donc relève de la vérité.
Les cas sont multiples de ces discours qui ne devraient pas être limités et contredits par d'autres (à en croire ceux qui les tiennent). Des discours qui visent à être l'unique, à dire le dernier mot du langage et à rendre tous les autres caducs. Il s'agit alors de faire advenir un discours qui ne peut que auto-produire la totalité de la vérité puisqu'il serait le seul à rester en lice.
Un discours qui se prend alors pour une substance discursive.

Prenons le cas des empires. Chaque empire tend à l'universel, c'est-à-dire que la domination qu'il entend exercer sur le monde est censé faire disparaître les autres empires concurrents.
Cette domination entend s'affranchir de toutes frontières, de toutes limitations. Dans son idéal, l'empire vise ainsi à l'éternité (mille ans étant la mesure temporelle de base). Il a lui aussi la volonté de se substantialiser ; telle est la logique impériale.

Il y a eu ces dictateurs, à travers l'histoire récente qui ont cru que des effets de menton appuyés suffirait pour conquérir des empires, comme si, exhibé leur volonté voire leur sur-volonté leur permettrait de faire plier le réel, et à s'abstraire des relations de cause à effet. En tant que chef incontesté et incontestable, ils prétendaient incarner le peuple et la nation. Tout en un. Ce qui est bien le symptôme d'un désir fou de substantialisation. Il se sont cassés les dents. Pour le moins.

 

Il y a aussi les affects qui en tant que modes de la pensée se délimitent les uns les autres, ce sont les affects opposés qui sont la cause de nos nombreuses fluctuations de l'âme. Mais voici qu'un affect vienne à manquer et l'affect prend toute la pensée. Il se retrouve dans la situation d'un mode qui se subtantialise. Ce qui est absurde. C'est ce que Spinoza appelle le délire (la monomanie).

Mais chaque homme caresse le secret espoir, s'imagine en substance, c'est-à-dire quelque chose de nécessairement incréée, n'étant déterminée par aucune cause externe, puisque cause de soi, s'autoproduisant.
Chacun d'entre nous peut se projetter dans une dimension universelle, comme l'alpha et l'omega de l'humanité, par une dilatation sans fin de son moi, avec plus rien de contingent en lui.
Platon n'écrit-il pas dans le Théagès : "Chacun de nous voudrait être si possible le maître de tous les hommes, ou mieux encore Dieu".

Notre lot à tous, c'est donc la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le boeuf. La grenouille qui se voulait faire substance.
La fable ne se termine-t-elle pas ainsi :
"Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs,
Tout petit Prince a des Ambassadeurs,
Tout Marquis veut avoir des Pages."

Fernando Pessoa, lui aussi a bien vu cette tendance trop humaine, lorsqu'il écrit dans " le livre de l’intranquillité " :
54 - " Presque tous les hommes, dans le secret de leur coeur, rêvent d'un grand impérialisme bien à eux, de la sujétion de tous les hommes, de la soumission de toutes les femmes, de l'adoration de tous les peuples et, pour les plus nobles, de toutes les époques... Peu d'hommes, cependant, ont autant que moi l'habitude du rêve, sont assez lucides pour rire de la simple possibilité esthétique de tels rêves.

(...) Moi-même qui me moque de pareilles séductions propres à nous distraire, combien de fois ne me suis-je surpris à imaginer combien il serait agréable de devenir célèbre, charmant d'être adulé, spectaculaire de me voir triomphant ! Mais je ne parviens jamais à me voir vraiment, juché sur ces sommets, sans récolter un éclat de rire de cet autre moi, qui se tient toujours aussi près de moi qu'une rue de la Ville Basse. 

Je me vois célèbre ? Mais je suis célèbre comme aide-comptable. Je me vois hissé sur les trônes de la célébrité ? Mais l'affaire se passe rue des Douradores, et les employés gâchent le spectacle. J'entends m'applaudir des foules bigarrées ? Les applaudissements parviennent à mon quatrième étage et se heurtent aux meubles grossiers de mon pauvre garni, à tout ce sordide qui m'entoure et qui m'humilie, depuis la cuisine jusqu'au rêve. Je n'ai même pas fait de châteaux en Espagne comme ces Grands d'Espagne de toutes les illusions. Mes châteaux à moi étaient des châteaux de cartes - des cartes sales, usées, sorties d'un jeu dépareillé avec lequel personne n'aurait jamais pu jouer ; et mes châteaux ne sont même pas tombés".

La volonté de faire l'artiste qui touche désormais une large part de la population occidentale peut être vue également comme un désir de se substantialiser, soit de se transformer en substance en acquérant les propriétés que Spinoza confère à celle-ci. Dans la création, il s'agit bien d'être cause de soi en produisant les lois de sa propre nécessité.
Pas étonnant que désormais ce soit la qualité d'artiste qui dans l'imaginaire collectif permette d’accéder à cet être plus complet.

Toujours dans ce scolie II de la proposition VIII du de Deo, Spinoza évoque rapidement le processus inverse qui consiste à modaliser la substance. Voici ce qu'il écrit : " Ainsi ceux qui confondent la nature divine avec l'humaine attribuent facilement des sentiments à Dieu, surtout lorsqu'ils ignorent encore comment les sentiments se produisent dans l'esprit ".

Finalement, si on veut tenter de comprendre toutes ces manifestations qui ont pour moteur l'imaginaire, on peut dire simplement que quelle que soit l'action que nous menons, elle n'a qu'un but. Mettre en accord notre conatus, notre effort à persévérer dans notre être, avec lui-même, à le hisser un peu plus haut ; ou encore à tenter de faire coïncider notre existence avec notre essence, c'est-à-dire mettre en rapport de façon la plus précise possible notre existence avec quelque chose qui l'englobe.

 

 

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Machiavélique

18 Juin 2021 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #Politiquement vôtre

Machiavel (1469 - 1527)

Machiavel (1469 - 1527)

En politique, le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal.

                                                                                                                  Machiavel

 

Je me demande : Est-ce que c'est à partir d'idées comme celle-ci qu'a été forgé l'adjectif "machiavélique" ? Une personne machiavélique ne pouvant être que saturée d'intentions complexes, dissumulées et mauvaises.
Et deuxième question : Pourquoi est-ce que l'idée exprimée par cette citation est à ce point inacceptable pour beaucoup ?

 

Il me semble bien que c'est une pensée en direction des moralistes et puritains de toutes les époques. Ces moralistes et puritains qui considèrent qu'il n'y a d'action qui vaille que si elle est exempte de toute tâche, que si sa pureté est totale. 
L'amélioration des choses qui est pourtant la règle de transformation et depuis des siècles (le moins pire comme dit Machiavel, ou le mieux) ne peut pas retenir leur attention, tout au plus leur mépris, sinon ce serait passer un pacte avec la société corrompue, passer un pacte avec le diable, et mettre en danger leur conscience si morale, si pure.

 

La pensée politique qui est l'évaluation des rapports de puissance pour parvenir à ses fins leur est étrangère. Pour juger des choses de la société, ils n'ont que leurs bons sentiments, comme une sorte d'aiguille de boussole, qui leur indique en permanence qu'ils sont du bon côté, qu'ils ont forcément raison. Et la pensée qui les animent est avant tout morale et religieuse.
 

Voilà pourquoi, ils ne veulent prendre en considération que le bien et partout, ils ne rencontrent que le mal.

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Respect pour la nature

13 Juin 2021 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #Considérations spinoziennes, #L'humeur des jours

le caillou - photo Christophe Eloy

le caillou - photo Christophe Eloy

 

Pour respecter vraiment la nature, il faudra bientôt, en bonne logique, vivre comme un caillou. Ce qui consiste à - rappelons-le - ne pas manger, ne pas boire, ne pas bouger, et surtout ne pas respirer.

Avantage de cette métamorphose (dont Spinoza nous dit pourtant qu'elle est impossible, mais celui-ci n'est-il pas un horrible spéciste, lui qui considère que les lois qui régissent un caillou sont très différentes de celles qui régissent un humain, et donc qu'il n'y a pas de passage possible d'un état à un autre, (d'un mode à un autre)).

Enfin, admettons que la métamorphose soit 
néanmoins possible ; ainsi ce caillou-homme aurait l'avantage d'être exempt de tout péché originel, alors que l'espèce humaine, à en croire les adeptes de cette transformation radicale, est marquée, dans tout ce qu'elle entreprend, et par nature, du sceau de la mauvaiseté, voire de l'ignominie.

 

 

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Réfléchir par soi-même

6 Juin 2021 , Rédigé par éloge de la mollesse

the Thinker of Rodin

the Thinker of Rodin

 

Des générations de professeurs répètent inlassablement : " Mais réfléchissez par vous-mêmes ". 
Mais moi, je suis quelqu'un qui réfléchit avec moi-même, certes, mais surtout parce que les autres. Tout seul, je ne pense à rien. Et je n'ai jamais compris cette formule 
professorale.
On ne réfléchit jamais par soi-même, c'est impossible, ça n'existe pas.
Quand j'entendais un professeur clamé, l'air excédé : " Mais réfléchissez donc par vous-mêmes ", dans un premier temps, je me demandais, mais pourquoi ne nous apprend-il à réfléchir par nous-mêmes, justement, plutôt que cette injonction à le faire. Et puis, dans un deuxième temps, quand je voyais que cette éventualité ne se produirait pas, je m'imaginais seul, au milieu du monde, assis tel le penseur de Rodin, tel un géant solitaire de la pensée, tentant par tous les moyens de " réfléchir par moi-même " ; une réflexion mise ne branle, bien évidemment, par une volonté inexpugnable, toujours sur le qui-vive pour m'inciter à réfléchir par moi-même. Et si cela ne se produisait pas - la faute sur moi.

Et bien non, s'il nous arrive de réfléchir, c'est avec les autres, par les autres, par leur intermédiaire, et alors à cette condition, quelque chose en soi se met en branle, à réfléchir, à raisonner, à penser, parce que soi-même est sorti de soi, est pris comme un autre soi-même ; sinon on arrive à rien, si ce n'est à agiter quelques lieux communs entendus et répétés ici et là.

Dans un livre de Deleuze - " Proust et les signes ",  j'ai découvert, à ce propos, que j'étais en phase avec Marcel, ce qui est toujours agréable.
Pour lui, l'intelligence ne pense vraiment que quand elle est forcée à penser par la rencontre d'un signe (d'une cause extérieure),  et non pas quand elle pense délibérément.
C'est la critique d'une philosophie idéaliste pour laquelle la pensée est toujours première, à l'origine de tout. Une philosophie qui veut croire que l'homme est naturellement enclin à penser, alors qu'il faut qu'il y soit forcé par la rencontre d'un signe qui l'inquiète, d'une cause extérieure dont il imagine qu'elle le menace, où pour le moins, le met en demeure, l'interpelle, l'affecte.

 

 

 

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Le charisme

4 Juin 2021 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #L'humeur des jours, #Considérations spinoziennes

Excellente photo de Gérard Dubois

Excellente photo de Gérard Dubois

 

Une personne charismatique, qu'est-ce que c'est ?
Avant le charisme était 
réservé à quelques uns. Une qualité qu'on attribuait aux grands hommes et aux saints.
Mais maintenant, tout le monde peut être charismatique. Ton beau-frère, ton cousin, ton voisin de palier. Le charisme s'est démocratisé ; par contre on ne sait toujours pas vraiment de quoi il retourne. Il demeure une qualité entourée d'un épais voile de mystère.
Est-ce en rapport avec une grâce, une autorité, une fascination ?

Ma définition personnelle serait : Est charismatique, l'individu qui sait faire partager la joie qu'il éprouve dans un certain nombre de circonstances, qui la donne à voir et ainsi l'envie de l'imiter et de le suivre pour éventuellement connaître cette même joie.

 

 

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Blade Runner

3 Juin 2021 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #Cinéma, #Considérations spinoziennes

de Ridley Scott, 1982

 Les Répliquants n'ont pas d'affectivité. Rien, aucune chose extérieure ne vient s'inscrire, s'imprimer, marquer le corps. Et par voie de conséquence, ils n'ont pas de mémoire.
Or le point d'entrée de l'homme, ce qui le constitue, pour Spinoza, c'est la mémoire. C'est par là qu'il commence.

 

 

 

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Tenet

2 Juin 2021 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #Cinéma

de Christopher Nolan, 2020.

Quand l'avenir attaque le présent en faisant disparaître le passé pour mieux le prendre à rebours. Mais attention, le présent n'est pas en reste puisque qu'il peut se défendre en préservant le passé afin de  sauvegarder le futur.
Et oui, il suffisait d'y penser. Mais tout finit bien. Enfin je crois. Il m'a semblé.

 

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