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éloge de la mollesse
Articles récents

Habiter les Nuages

6 Août 2026 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #Départ pour la philosie, arrivée en poésophie, #Voyages, voyages

Habiter les NuagesHabiter les NuagesHabiter les Nuages
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Habiter les NuagesHabiter les NuagesHabiter les Nuages

 

Le nuage fait le lien entre le monde terrestre et le monde divin. Il représente l'infini, ou plutôt il le désigne. La cité céleste n'est jamais loin. Elle pourrait bien surgir derrière le prochain nuage
En survolant ce monde qui n'est déjà plus le nôtre, soudain on découvre sa matérialité sous l'aspect d'une mer gazeuse.
Dans cet océan de lait, souvent des fissures tracent des routes comme des balafres.
On prend conscience de l'atmosphère qui nous entoure, d'une profondeur insoupçonnée, de toutes les dimensions de l'espace
On respire à l'intérieur du ciel. Le regard ne s'arrête plus au cadre d'un hublot, mais il se prolonge au delà, dans une étendue sans limite connue.
Cette immensité qui s'étale devant soi comme un appel du sublime, à aller plus loin, à aller au delà, au plus profond de soi-même peut-être.

Les nuages nous donnent une idée du cosmos, une représentation à l'échelle de notre microcosme de cette matière gazeuse qui dans l'univers s'attire et s'agglutine, s'étale sur des millions, des milliards d'années-lumière et qui lorsqu'elle s'effondre sur elle-même produit les étoiles, dans ce grand barattage dont nous sommes tous issus, qui nous fait naitre.
Pourtant ils ne sont que cette impossible évanescence qui ne dure jamais, déjà ils se dispersent en archipel nébuleux.
Ne restera qu'un ruban de nuage qui sera soudain le support d'une apparition divine. Un dieu s'y posera.
Le nuage, c'est une matérialité toujours présente, invincible, qui ne se laisse jamais toucher, comme la pensée*.
Toujours un sourire se lève à l'est, ne pas l'oublier.

 

*Le nuage, ce serait la pensée, et la pluie, ce serait le langage, non pas l'un cause de l'autre, mais deux moments différents d'une même chose.

 

 

 

 

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La preuve par l'image

14 Juillet 2026 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #En bref, #Voyages, voyages

photo - F. Manse

photo - F. Manse

.
Un simple réacteur, comme un nombril divin,
crache à l'infini des mondes plats
qui vont aussitôt se poser
sur une substance d'un bleu profond.
Ainsi va l'univers.

 

 

 

 

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Avenir radieux

30 Juin 2026 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #Départ pour la philosie, arrivée en poésophie

collage C. Eloy

collage C. Eloy

 

 

En attendant l'avenir radieux,
une humanité triste et farouche
trace des sillons pour tenir à distance
les esprits malins et éviter
qu'ils se jettent dans la Furie
et affligent le monde et toute cette humanité.
Ces hommes vont à travers les buissons épineux,
sur des rochers acérés et brûlants.
Ils ont la plante des pieds lacérée et rougie
mais la corne qui s'est formée
a fini par les protéger.
Ils ne connaissent plus la douleur.
Et jamais personne ne vient les sauver
du règne de la force,
jamais personne ne vient purifier
de son regard,
les lieux qu'ils habitent.

 

C.E.

 

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Gros cœur pas assez de cœur

12 Juin 2026 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #Julie Eloy

                                                                           Photo Julie Eloy

Perdue sans toi
trop de monde pas assez de monde
tant de bruits en même temps
réveil pourtant
on tombe sur des choses nulles sans pareil
regardez avant de parler
la lumière vint un jour pour nous assembler.

Reviens
ça fait longtemps mais pourtant je pense encore à toi...
tu es là...à côté.

Ils se sont retrouvés à côté du château...
celui qui les avait cachés.
Ils sont revenus d'une vie pourtant honnêtement vécue
et qui avait changé la face du malheur
tous blessés par tout le mal qu'on leur avait fait.
Nous nous oublions et nous nous retrouverons
pourquoi pas !

Alors des messages pour changer de décor
nous parlent doucement
des murs à mettre le drapeau par terre .
Oh oh oh merci je t'embrasse
je te donne ces mots porte-bonheur
pour que l'on s'aime encore
je ne savais pas j'en sais tellement.

Tu vas vers quel âge pour de bon ?
À qui parles-tu en fait ?
À l'ouest de tout cela …
l'âge devient vraiment tendre
allô laTerre, ici moi c'est Paris
c'est nous et deux et un s'il le faut...
c'est trop la vie et le cœur avec...
et tes demandes tes démarches t'as trouvé ?
Le plus beau reste à venir...

Le son en cloche du printemps
fait de plusieurs matériaux
c'est joli...
l'arbuste comme un toit
de toute façon...
on en a dix on en a dix mille...
des souhaits dans le vent, dans le ventilo.
On met la main à l'âme sœur
qui nous envoie des messages
sur le prix de cette cloche...
la cloche de verre qui nous soutient du regard.
On se comprend grâce à ça.

Les petites vieilles fleurs,
fleurs séchées dans son vase...
retrouver l'harmonie de tout ça...
cadeau à voir, à regarder sans toucher
sinon on garde son bonnet clochette
pour nous voir.

 

Julie Eloy

 

 

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Popes au banc

7 Juin 2026 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #En bref, #Voyages, voyages

Moscou, 2011

Moscou, 2011

 

D'un côté, un jeune pope excité et fanatisé 

et de l'autre, un vieux pope calme et modéré,

revenu de beaucoup de choses

et qui attend de voir venir.

 

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Faire le point

3 Juin 2026 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #En bref, #Voyages, voyages

Hoï An - Vietnam

Hoï An - Vietnam

 

Un type qui a traversé sept décennies
70 ans sont passés par là,
"ça commence à faire",
et si c'était le moment de faire le point

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Les écoliers

31 Mai 2026 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #En bref, #Voyages, voyages

Boquete, Panama 2014  - photo Françoise Manse

Boquete, Panama 2014 - photo Françoise Manse

 

- Je sais pas ce que j'ai, aujourd'hui, j'ai pas très envie d'aller à l'école, j'ai les jambes lourdes.

- Mais si, allez, on y va, tu vas voir, ça va très bien se passer

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Un monde flottant

14 Mai 2026 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #Départ pour la philosie, arrivée en poésophie

Le joueur de fifre, 1866 -  Édouard Manet

 

Pour Dominique

 

Donnez-moi les images d'un monde flottant
où les activités humaines seraient éphémères
quand les choses se transforment,
où nos destins gravés sur les murs s'effaceraient dans la nuit,
chaque aurore serait comme le recommencement du monde,
où toute son innocence se concentrerait en quelques secondes
dans un pur diamant,
où de nouveau, il y aurait la lumière du jour,
alors nous flotterons, oublieux du sol, comme un certain joueur de fifre
nous dirons tout ce que nous pouvons avec des fruits, des fleurs
et même
des nuages,
nous serons des distraits de l'action,
dans ce monde en suspension, il n'y aura rien de plus puissant qu'une idée
lorsque son temps est venue et qu'elle triomphe de tout,
les formes n'auront plus besoin d'être exactes
pour nous convaincre qu'elles existent,
nous deviendrons la couleur,

dans ce même monde, le mépris, qui d'ordinaire, court les rues
dans toutes les directions, soudain s'arrêtera.
Alors s'ouvrira peut-être encore une fois
une décade prodigieuse,
où l'âme, en même temps qu'elle connaît, se connaît elle-même
où l'être dit oui et la négation est seconde.

 

 

 

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L'art de la conversation

4 Mai 2026 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #Voyages, voyages

photo Françoise Manse

photo Françoise Manse

Raghurajpur, un village dans l'Orissa  - Inde



J'aime ce lion gardien protecteur qui lève la patte

comme pour bénir cette aimable assemblée

et la perspective d'arbres qui pose sur celle-ci

une couverture d'ombre, 

et le bloc de pierre délicatement ouvragé

qui leur sert de table de repas, 

et aussi bien sûr la tension qui se devine,

chez chacun des enfants,

pour la discussion engagée. 

 

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Serans 91

28 Avril 2026 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #En bref, #Archives

Serans-en-Vexin, août 1991Serans-en-Vexin, août 1991

Serans-en-Vexin, août 1991

La lumière du petit matin rosit la pierre séculaire,

tendre comme la peau d'une femme au lever.

 

La lumière du petit matin blanchit la pierre séculaire

jusqu'à l'éblouissement d'une disparition

toujours recommencée.

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Prose du Transsibérien  

20 Octobre 2025 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #De la poésie

Prose du Transsibérien  
Prose du Transsibérien  Prose du Transsibérien  

 

 

Prose du Transsibérien                              Blaise Cendrars.

 

En ce temps-là j'étais en mon adolescence

J'avais à peine 16 ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance

J'étais à 16 000 lieues du lieu de ma naissance

J'étais à Moscou, dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares

Et je n'avais pas assez des sept gares et des mille et trois tours

Car mon adolescence était alors si ardente et si folle

Que mon coeur, tour à tour, brûlait comme le temple d'Éphèse ou comme la place Rouge de Moscou

Quand le soleil se couche.

Et mes yeux éclairaient des voies anciennes.

Et j'étais déjà si mauvais poète

Que je ne savais pas aller jusqu'au bout.

 

Le Kremlin était comme un immense gâteau tartare

Croustillé d'or

Avec les grandes amandes des cathédrales toutes blanches

Et l'or mielleux des cloches...

 

En Sibérie tonnait le canon, c'était la guerre

La faim le froid la peste le choléra

Et les eaux limoneuses de l'Amour charriaient des millions de charognes

Dans toutes les gares je voyais partir tous les derniers trains

Personne ne pouvait plus partir car on ne délivrait plus de billets

Et les soldats qui s'en allaient auraient bien voulu rester...

Et aussi les marchands avaient encore assez d'argent

Pour aller tenter faire fortune.

Leur train partait tous les vendredis matin.

Or, un vendredi matin, ce fut enfin mon tour

On était en décembre

Les rythmes du train

La « moelle chemin-de-fer » des psychiatres américains

Le bruit des portes des voix des essieux grinçant sur les rails congelés

Mon Browning le piano et les jurons des joueurs de cartes dans le compartiment d'à côté

Et le sifflement de la vapeur

Et le bruit éternel des roues en folie dans les ornières du ciel

Les vitres sont givrées

Pas de nature !

Je suis en route

J'ai toujours été en route

Le train fait un saut périlleux et retombe sur toutes ses roues

Le train palpite au coeur des horizons plombés

Oublie les inquiétudes

Toutes les gares lézardées obliques sur la route

Les fils télégraphiques auxquels elles pendent

Les poteaux grimaçants qui gesticulent et les étranglent

Le monde s'étire s'allonge et se retire comme un accordéon

 

Dans les déchirures du ciel, les locomotives en furie

S'enfuient

Et dans les trous,

Les roues vertigineuses, les bouches, les voix

Et les chiens du malheur qui aboient à nos trousses

Les démons sont déchaînés

Ferrailles

Tout est un faux accord

Le « broun- roun -roun » des roues

Chocs

Rebondissements

Nous sommes un orage sous le crâne d'un sourd...

Le train avance et le soleil retarde

Les trains roulent en tourbillon sur les réseaux enchevêtrés

Bilboquets diaboliques

Il y a des trains qui ne se rencontrent jamais

D'autres se perdent en route

Les chefs de gare jouent aux échecs

Tric-trac

Billard

La voie ferrée est une nouvelle géométrie

Et je reconnais tous les trains au bruit qu'ils font

Les trains d'Europe sont à quatre temps tandis que ceux d'Asie sont à 5 ou 7 temps

D'autres vont en sourdine sont des berceuses

Je ne vais pas plus loin

C'est la dernière station.

 

(1912, parution novembre 1913)

 

 

 

 

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Un esthète

10 Octobre 2025 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #Voyages, voyages

Un esthèteUn esthète

 

 

À Pushkar, un singe esthète vient chaque jour à heure fixe contempler le coucher du soleil. Il s'installe sur le muret de la terrasse du haveli et se baigne dans l'éclat du crépuscule. Il reste là calme et tranquille et s'enivre de la beauté du monde. Voilà le moment qu'il guette pour enfin laisser son âme se reposer de la dureté du jour.
Peut-être n'est-il pas insensible non plus au faste des pétales de roses répandues sur le toit du temple en contrebas.

 

Photos & texte C.E

 

 

 

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Place de la Concorde

20 Mai 2025 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #En bref

photo C. E.

photo C. E.

 

Place de la Concorde,
la tour Eiffel se fait plus petite que l'obélisque,
et d'un banc sur la grande terrasse du jardin des Tuileries
surgissent
 les jolies jambes d'une femme, 
(en parfaite concordance avec le paysage)
- ça c'est  Paris.

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Regarder ce que l'on voit

4 Mai 2025 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #Voyages, voyages

Regarder ce que l'on voit

Fresque du  Bayon (fin du XIIème siècle) - Angkor Thom - Cambodge

 

Une bataille navale se déroule dans l'indifférence générale de la faune aquatique. Seuls, deux crocodiles, sur la gauche, semblent attendre dans une sorte d'impatience, qu'avec la chute des guerriers dans l'eau, le festin puisse commencer.
Ce qui est beau dans cette fresque :  la vie aquatique comme la vie hors de l'eau sont représentées avec une même visibilité, une égale importance, (ce qu'on retrouve par exemple également dans la fresque du "barattage de la mer de lait" de la  façade est d'Angkor Vat).
En bas, la tranquillité, la nonchalance des poissons qui vaquent à leurs occupations quotidiennes, en haut, la discorde des hommes, tout aussi habituelle, mais dans les deux dimensions, un même grouillement, une même effervescence dans un monde qui ne connaît pas le vide.

Et en position intermédiaire, la placidité des rameurs, peut-être des esclaves que le sort des armes laisse de marbre. Pour les représenter, uniquement des têtes et des rames. Très proches de la ligne de flottaison du bateau, seule une étroite bande, d'égale hauteur que leur propre tête les sépare des eaux, ils semblent moins appartenir au monde des hommes qu'au monde marin avec lequel il partage une égale indifférence pour les destinés humaines. Leurs visages tournés dans le sens opposé à l'action, ils sont comme à contre-courant de l'histoire en train de se faire, s'ils y participent, c'est contre leur gré.
Pour 
autant, les rameurs me semble dans une position de grande fragilité, contrairement aux poissons que l'élément aqueux protègent assurément, eux, ne sont pas à l'abri de la méchanceté des hommes. Ils sont sans défense pour les ennemis de leurs maîtres qui pourraient soudain être mal intentionnés à leur égard. Avec ces têtes qui émergent juste de la barque, ils sont offerts comme des victimes potentiels... Le pire peut être envisagé.
Oui, je l'avoue, j'ai peur pour ces rameurs. 

 

C. E.

 

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Sous l'égide d'Athéna

15 Avril 2025 , Rédigé par éloge de la mollesse Publié dans #Politiquement vôtre

 

 

Périclès, Oraison funèbre aux guerriers athéniens morts durant la guerre du Péloponèse, rapportée par l'historien Thucydide (Vème siècle av. JC :

« C'est par nous-mêmes que nous décidons des affaires, que nous nous en faisons un compte exact. Pour nous, la parole n'est pas nuisible à l'action, ce qui l'est, c'est de ne pas se renseigner par la parole avant de se lancer dans l'action. Voici donc en quoi nous nous distinguons : nous savons à la fois apporter de l'audace et de la réflexion dans nos entreprises. Les autres, l'ignorance les rend hardis, la réflexion indécis. Or ceux-là doivent être jugés les plus valeureux qui, tout en connaissant exactement les difficultés et les agréments de la vie, ne se détournent pas des dangers ».

C'est un discours qui peut se placer sous l'égide de la déesse Athéna puisque : 
« elle est celle qui inspire audace et sang-froid. Une forme nouvelle de bravoure guidée par la réflexion et la ruse, non par la fureur désordonnée, brutale et aveugle. Une déesse de la guerre, certes, mais qui se présente comme l'opposé de son frère Arès, dieu de la guerre mais du carnage et du sang. Pour Athéna, l'intelligence est mise au service de la guerre afin de parvenir ou rétablir la paix et non à l'extermination de l'ennemi ».

 

 

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